19 oct 2015

L’Internet des objets se concrétise chez Proximus

L’opérateur historique était très fier d’annoncer le lancement commercial de son réseau dédié à l’Internet des objets. “Il s’agit d’une première en Europe, s’est réjouie Dominique Leroy, la CEO de Proximus. Nous allons contribuer à la révolution digitale en Belgique”. L’Internet des objets génère une véritable compétition en Europe et singulièrement en Belgique. En juillet, Engie (ex-GDF Suez) annonçait la commercialisation de son propre réseau sur le sol belge d’ici fin 2016. L’énergéticien et l’opérateur télécoms vont donc entrer en concurrence frontale sur ce marché. Proximus estime qu’il sera opérationnel d’ici fin 2015 dans les grandes villes belges. Et qu’il sera déployé dans toute la Belgique et au Luxembourg durant l’année 2016.

Selon Proximus, les applications dédiées à l’Internet des objets sont quasiment infinies. L’opérateur n’a pas peur d’évoquer une “quatrième révolution industrielle”. L’intérêt d’un réseau dédié spécifiquement aux objets est qu’il consomme moins d’énergie grâce à l’utilisation de basses fréquences, tout en permettant une communication longue portée. Ce qui permettrait aux batteries contenues dans les objets de tenir 5 à 10 ans.

Parmi les applications concrètes, citons un capteur qui détecte le nombre de fois que la porte d’une toilette s’ouvre et qui envoie un signal aux équipes de nettoyage une fois le nombre déterminé atteint.

L’opérateur historique a également signé un partenariat avec la Ville d’Aarschot pour faciliter la recherche d’une place de parking. Un capteur détecte si une place est libre et envoie l’itinéraire sur le smartphone de l’utilisateur qui a sélectionné la place. A charge pour lui d’arriver avant les autres prétendants car il n’est pas possible de réserver un emplacement… Les commerçants d’Aarschot peuvent participer à l’opération en offrant une partie du prix du parking aux clients qui consomment ou achètent dans leur établissement.

Selon Proximus, il existe aussi de nombreuses applications dans la logistique. Présent à l’aéroport de Zaventem, le bagagiste Swissport utilise les solutions de Proximus pour gérer au mieux sa flotte de chariots.

Electrabel, Engie qui est le plus fort ?

D’un point de vue technique, Proximus s’appuie sur la technologie de l’alliance Lora, qui regroupe plusieurs opérateurs télécoms européens. De son côté, Engie s’appuie sur la technologie de la start-up française Sigfox. Quelle est la différence entre les deux réseaux ? Lora permet de transporter des messages plus lourds. Proximus affirme également que son système permet une meilleure géolocalisation des objets en mouvement (au-delà de 100 km/h), tout en proposant une bidirectionnalité plus poussée.

De son côté, Engie affirme que sa technologie comporte des avantages. “Si Lora permet de véhiculer des messages plus lourds, Sigfox permet de développer des applications à une échelle plus grande, explique Guy Dellicour, porte-parole d’Engie. En outre, Sigfox est beaucoup plus fiable en ce qui concerne le taux de réussite des messages réceptionnés.”

Précisons que l’Internet des objets génère actuellement très peu de revenus pour les opérateurs télécoms. Jusqu’à aujourd’hui, les objets connectés au réseau des opérateurs télécoms utilisent une carte SIM similaire à celles présentes dans les smartphones et GSM. “Avec l’Internet des objets, le revenu par utilisateur sera encore plus faible, explique Bart Jooris, analyste à la banque Degroof. Je pense qu’Engie et Proximus parient sur une explosion des usages.”

Selon Bart Van Den Meersche, directeur de la division Entreprises chez Proximus, l’utilisation de l’Internet des objets sera nettement moins onéreuse dorénavant. “Avec le réseau classique, cela coûtait quelques euros par mois par capteur, explique-t-il. On devrait passer à quelques euros par an par capteur. Il n’y a pas de prix standard. Tout dépendra du nombre de signaux envoyés, de l’ordre qui sera donné. On pourrait même offrir les capteurs dans un package.” En tout cas, l’opérateur négocie ferme en ce moment avec ses fournisseurs pour obtenir les capteurs au meilleur prix.

Auteur : Laurent Lambrecht
Source : www.lalibre.be